Quatrième Chapitre

Lella Zainab, 64 Ans, Specialiste en Numérologie

Athéna ? Quel nom intéressant ! Voyons… Son Grand Nombre est le neuf. Optimiste, sociable, capable de se faire remarquer au milieu d’une foule. Les gens doivent l’approcher en quête de compréhension, de compassion, de générosité, c’est justement pour cela qu’elle doit faire très attention, car la popularité pourrait lui monter à la tête, et elle finirait par perdre plus qu’elle ne gagnerait. Elle doit aussi tenir sa langue, car elle a tendance à parler plus que ne le commande le bon sens.
Quant à son Petit Nombre : onze. Je pense qu’elle désire une position de domination. Elle s’intéresse à des thèmes mystiques, à travers lesquels elle cherche à apporter l’harmonie à tout son entourage.

Mais cela entre directement en confrontation avec le nombre Neuf, qui est la somme du jour, du mois et de l’année de sa naissance, réduits à un seul chiffre : elle sera toujours sujette à l’envie, à la tristesse, à l’introversion et à des décisions sous le coup de l’émotion. Attention aux vibrations négatives suivantes : ambition excessive, intolérance, abus de pouvoir, extravagance.
À cause de ce conflit, je suggère qu’elle essaie de se consacrer à quelque chose qui n’implique pas un contact émotionnel avec les gens, par exemple un travail dans le domaine de l’informatique ou de l’ingénierie.

Elle est morte ? Pardon. Que faisait-elle, finalement ?

Que faisait Athéna finalement ? Athéna a fait un peu de tout, mais, si je devais résumer sa vie, je dirais qu’elle a été une prêtresse qui comprenait les forces de la nature. Ou mieux, quelqu’un qui, du simple fait qu’elle n’avait pas grand-chose à perdre ou à attendre de la vie, a pris beaucoup plus de risques que ne le font les autres, et a fini par devenir les forces qu’elle croyait dominer.
Elle a été employée de supermarché, de banque, elle a vendu des terrains, et dans chacune de ces situations, elle n’a jamais manqué de révéler la prêtresse qu’il y avait en elle. Je l’ai fréquentée pendant huit ans, et je lui devais de reconstituer sa mémoire, son identité.
Pour recueillir ces dépositions, le plus difficile a été de convaincre mes interlocuteurs de me permettre d’utiliser leurs vrais noms. Les uns affirmaient qu’ils ne voulaient pas être mêlés à ce genre d’histoire, d’autres essayaient de dissimuler leurs opinions et leurs sentiments. Je leur ai expliqué que ma véritable intention était de faire en sorte que tous les individus concernés la comprennent mieux, et que personne n’accorderait foi à des dépositions anonymes.
Comme chacun des interviewés jugeait qu’il détenait la version définitive du moindre événement, fût-il insignifiant, ils ont finalement accepté. Au cours des enregistrements, j’ai constaté que les choses n’étaient pas absolues, que leur existence dépendait de la perception de chacun. Et, très souvent, le meilleur moyen de savoir qui nous sommes est de chercher à savoir comment les autres nous voient.
Cela ne veut pas dire que nous allons faire ce qu’ils attendent ; mais au moins nous nous comprenons mieux. Je devais cela à Athéna. Reconstituer son histoire. Écrire son mythe.

Samira R. Khalil, 57 Ans, Maitresse de maison, Mere d’Athena

Ne l’appelez pas Athéna, je vous en prie. Son vrai nom est Sherine. Sherine Khalil, fille très chérie, très désirée, à qui mon mari et moi aurions aimé donner vie !
Mais la vie avait d’autres plans – quand le destin se montre très généreux, il y a toujours un puits au fond duquel tous les rêves peuvent tomber de haut.

Nous vivions à Beyrouth à l’époque où tout le monde la considérait comme la plus belle ville du Moyen-Orient. Mon mari était un industriel prospère, nous nous étions mariés par amour, nous allions en Europe tous les ans, nous avions des amis, nous étions invités à tous les événements sociaux importants, et une fois j’ai même reçu chez moi un président des États-Unis, imaginez ! Ce furent trois jours inoubliables : deux jours pendant lesquels les services secrets américains ont épluché chaque coin de notre maison (ils étaient déjà dans le quartier depuis un mois, occupant des positions stratégiques, louant des appartements, se faisant passer pour des mendiants ou des couples d’amoureux) ; et un jour – ou plutôt deux heures – de fête. Je n’oublierai jamais la jalousie dans les yeux de nos amis, et la joie de pouvoir prendre des photos de l’homme le plus puissant de la planète.

Nous avions tout, sauf ce que nous désirions le plus : un enfant. Par conséquent, nous n’avions rien.

Nous avons tout essayé, nous avons fait des vœux, nous sommes allés dans des lieux où l’on assurait qu’un miracle était possible, nous avons consulté des médecins, des guérisseurs, nous avons pris des médicaments et bu des élixirs et des potions magiques. Par deux fois, j’ai reçu une insémination artificielle, et j’ai perdu le bébé. La seconde fois, j’ai perdu aussi l’ovaire gauche, et je n’ai plus rencontré aucun médecin qui voulût se risquer dans une nouvelle aventure de ce genre.
C’est alors que l’un des nombreux amis qui connaissaient notre situation a suggéré la seule issue possible : adopter un enfant. Il nous a dit qu’il avait des contacts en Roumanie, et que la procédure ne durerait pas longtemps.

Nous avons pris un avion un mois plus tard. Notre ami faisait des affaires importantes avec le fameux dictateur qui gouvernait le pays à l’époque et dont j’ai oublié le nom (N.R. : Nicolae Ceausescu), de sorte que nous avons pu éviter toutes les démarches bureaucratiques et nous avons échoué dans un centre d’adoption à Sibiu, en Transylvanie. On nous y attendait déjà avec café, cigarettes, eau minérale, et tous les papiers prêts, il ne restait qu’à choisir l’enfant.

On nous a conduits dans une pouponnière, où il faisait très froid, et je me suis demandé comment on pouvait laisser ces pauvres créatures dans une telle situation. Ma première réaction a été de les adopter toutes, de les emmener dans notre pays où il y avait du soleil et la liberté, mais évidemment c’était une idée folle. Nous nous sommes promenés entre les berceaux, entendant des pleurs, terrorisés par l’importance de la décision à prendre.

Pendant plus d’une heure, mon mari et moi n’avons pas échangé un mot. Nous sommes sortis, nous avons pris un café, fumé des cigarettes, et nous y sommes retournés – et ainsi plusieurs fois. J’ai remarqué que la femme chargée de l’adoption s’impatientait, il nous fallait décider rapidement ; à ce moment, suivant un instinct que j’oserais appeler maternel, comme si j’avais trouvé un enfant qui devait être le mien dans cette incarnation mais qui était venu au monde porté par une autre femme, j’ai indiqué une petite fille.

La préposée nous a suggéré de mieux réfléchir. Elle qui paraissait si impatiente parce que nous traînions ! Mais j’étais déjà décidée.

Cependant, avec précaution, ne voulant pas heurter mes sentiments (elle pensait que nous avions des contacts avec les hautes sphères du gouvernement roumain), elle a murmuré pour que mon mari n’entende pas :

« Je sais que ça ne marchera pas. Elle est fille de Tsigane. »
J’ai répondu qu’une culture ne pouvait pas se transmettre par les gènes – l’enfant, qui n’avait que trois mois, serait ma fille et celle de mon mari, élevée selon nos coutumes. Elle connaîtrait l’église que nous fréquentions, les plages où nous allions nous promener, elle lirait ses livres en français, étudierait à l’École américaine de Beyrouth. En outre, je n’avais aucune information – et je n’en ai toujours pas – sur la culture des Tsiganes. Je sais seulement qu’ils voyagent, ne se lavent pas toujours, sont menteurs et portent une boucle à l’oreille. Il court une légende selon laquelle ils enlèvent des enfants pour les emmener dans leurs caravanes, mais là, c’était justement le contraire qui se produisait : ils avaient abandonné une enfant, pour que je me charge d’elle.

La femme a encore tenté de me dissuader, mais j’étais déjà en train de signer les papiers, et de demander à mon mari d’en faire autant. Lors du retour à Beyrouth, le monde paraissait différent : Dieu m’avait donné une raison d’exister, de travailler, de lutter dans cette vallée de larmes. Nous avions à présent une enfant pour donner une justification à tous nos efforts.
Sherine a grandi en sagesse et en beauté. Je crois que tous les parents disent cela, mais je pense que c’était une enfant vraiment exceptionnelle. Un après-midi, elle avait déjà cinq ans, un de mes frères m’a dit que, si elle voulait travailler à l’étranger, son prénom révélerait toujours son origine, et il a suggéré que nous le remplacions par un autre qui ne dirait absolument rien, Athéna par exemple. Bien sûr, je sais aujourd’hui qu’Athéna évoque la capitale d’un pays, mais est aussi la déesse de la sagesse, de l’intelligence et de la guerre.
Et peut-être que mon frère non seulement le savait, mais était conscient des problèmes qu’un nom arabe pourrait causer à l’avenir – il faisait de la politique, comme toute notre famille, et il désirait protéger sa nièce des nuages noirs que lui, mais seulement lui, apercevait à l’horizon. Le plus surprenant, c’est que le son de ce mot a plu à Sherine. Au bout d’une soirée, elle a commencé à se nommer elle-même Athéna, et plus personne n’est parvenu à lui retirer ce surnom de la tête. Pour lui faire plaisir, nous l’avons adopté à notre tour, pensant que cela lui passerait bientôt.

Est-ce qu’un nom peut influencer la vie de quelqu’un ? Parce que le temps a passé, le surnom a résisté, et nous avons fini par nous y adapter.

Lorsqu’elle était adolescente, nous avons découvert qu’elle avait une certaine vocation religieuse – elle passait son temps à l’église, savait les Évangiles par cœur, et c’était à la fois une bénédiction et une malédiction. Dans un monde de plus en plus divisé par les croyances religieuses, je craignais pour la sécurité de ma fille. À cette époque, Sherine commençait à nous dire, comme si c’était la chose la plus normale du monde, qu’elle avait une foule d’amis invisibles – des anges et des saints dont elle voyait les images dans l’église que nous fréquentions. Bien sûr, tous les enfants du monde ont des visions, même s’ils s’en souviennent rarement, passé un certain âge. Ils ont aussi l’habitude de donner vie à des objets inanimés, comme des poupées ou des tigres en peluche. Mais j’ai commencé à penser qu’elle exagérait le jour où je suis allée la chercher à l’école et où elle m’a dit qu’elle avait vu « une femme vêtue de blanc, qui ressemblait à la Vierge Marie ».

Je crois aux anges, bien sûr. Je crois même que les anges parlent aux jeunes enfants, mais quand les apparitions sont celles d’adultes, c’est différent. Je connais plusieurs histoires de bergers et de paysans qui ont affirmé avoir vu une femme en blanc – et finalement, leur vie est détruite, car les gens les sollicitent en quête de miracles, les prêtres s’inquiètent, les villages se transforment en centres de pèlerinages, et les pauvres enfants finissent leur vie dans un couvent. J’ai donc été très préoccupée par cette histoire ; à cet âge, Sherine aurait dû plutôt s’intéresser à des trousses de maquillage, se peindre les ongles, regarder des feuilletons romantiques ou des émissions enfantines à la télévision. Quelque chose n’allait pas chez ma fille, et je suis allée voir un spécialiste.

« Détendez-vous » m’a-t-il dit.

Pour le pédiatre spécialisé en psychologie infantile comme pour la plupart des médecins qui s’occupent de ces problèmes, les amis invisibles sont une sorte de projection des rêves, et ils aident l’enfant à découvrir ses désirs, exprimer ses sentiments, tout cela de manière inoffensive.

« Mais une femme en blanc ? »

Selon lui, notre façon de voir ou d’expliquer le monde n’était peut-être pas bien comprise par Sherine. Il a suggéré que, petit à petit, nous préparions le terrain pour lui annoncer qu’elle avait été adoptée. Dans le langage du spécialiste, le pire aurait été qu’elle le découvrît par elle-même. Elle se serait mise à douter de tout le monde et son comportement aurait pu devenir imprévisible.

À partir de ce moment, nous avons modifié notre dialogue avec elle. Je ne sais pas si l’être humain parvient à se souvenir des choses qui lui sont arrivées quand il était encore bébé, mais nous nous sommes efforcés de lui montrer qu’elle était très aimée, et qu’elle n’avait plus besoin de se réfugier dans un monde imaginaire. Elle devait comprendre que son univers visible était aussi beau qu’il pouvait l’être, que ses parents la protégeraient de tous les dangers ; Beyrouth était belle, les plages étaient toujours baignées de soleil et pleines de monde. Sans me confronter directement à cette « femme », j’ai passé désormais plus de temps avec ma fille, j’ai invité ses camarades d’école à fréquenter notre maison, je ne perdais pas une occasion de lui démontrer toute notre tendresse.

La stratégie a réussi. Mon mari voyageait beaucoup, Sherine souffrait de son absence, et au nom de son amour pour elle, il a décidé de changer un peu son mode de vie. Les conversations solitaires ont été remplacées par des jeux entre le père, la mère et la fille.

Tout allait bien et puis, un soir, elle s’est précipitée dans ma chambre en larmes, disant qu’elle avait peur, que l’enfer était proche.

J’étais seule à la maison – mon mari avait dû s’absenter une nouvelle fois, et j’ai pensé que c’était la raison de son désespoir. Mais l’enfer ? Qu’était-ce donc qu’on lui enseignait à l’école ou à l’église ? J’ai décidé que le lendemain j’irais parler à son professeur.

Mais Sherine ne cessait pas de pleurer. Je l’ai menée à la fenêtre, je lui ai montré dehors la Méditerranée éclairée par la pleine lune. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de démons, mais des étoiles dans le ciel, et des promeneurs sur le boulevard devant notre appartement. Je lui ai expliqué qu’elle ne devait pas avoir peur, qu’elle devait se calmer, mais elle continuait à pleurer et à trembler. Au bout d’une demi-heure ou presque à tenter de la tranquilliser, j’ai commencé à devenir nerveuse. Je l’ai priée d’arrêter cela, elle n’était plus une enfant. J’ai imaginé qu’elle avait peut-être ses premières règles ; je lui ai demandé discrètement si un peu de sang coulait.

« Beaucoup. »

J’ai pris un morceau de coton, je l’ai priée de s’allonger pour que je puisse soigner sa « blessure ». Ce n’était rien, le lendemain je lui expliquerais. Mais les règles n’étaient pas arrivées. Elle a pleuré encore un peu, mais elle était sans doute fatiguée, car elle s’est endormie aussitôt.

Et le lendemain matin, le sang a coulé.

Quatre hommes ont été assassinés. Pour moi, c’était encore l’une de ces éternelles batailles tribales auxquelles mon peuple était accoutumé. Pour Sherine, ce n’était sans doute rien, car elle n’a même pas fait allusion à son cauchemar de la veille.
Mais à partir de cette date, l’enfer est arrivé, et jusqu’à présent il ne s’est plus éloigné. Le même jour, vingt-six Palestiniens sont morts dans un autobus, pour venger l’assassinat. Vingt-quatre heures plus tard, on ne pouvait plus marcher dans les rues, à cause des tirs qui venaient de partout. On a fermé les écoles, Sherine a été raccompagnée en toute hâte à la maison par l’une de ses professeurs, et dès lors, tout le monde a perdu le contrôle de la situation. Mon mari a interrompu son voyage et il est rentré chez nous, téléphonant des journées entières à ses amis du gouvernement, et personne ne parvenait à tenir un discours sensé. Sherine entendait les tirs dehors, les cris de mon mari dans la maison, et – à ma surprise – ne disait mot. J’essayais toujours de lui dire que c’était passager, que bientôt nous pourrions retourner à la plage, mais elle détournait le regard et réclamait un livre à lire ou un disque à écouter. Pendant que l’enfer s’installait peu à peu, Sherine lisait et écoutait de la musique.

Je ne veux plus penser à tout cela, je vous en prie. Je ne veux pas penser aux menaces que nous avons reçues, savoir qui avait raison, quels étaient les coupables et les innocents.
Le fait est que, quelques mois plus tard, si l’on voulait traverser une certaine rue, il fallait prendre un bateau, aller jusqu’à l’île de Chypre, prendre un autre bateau, et débarquer de l’autre côté de la chaussée.

Nous n’avons pratiquement pas quitté la maison pendant un an ou presque, attendant toujours que la situation s’améliore, pensant toujours que tout cela était passager, que le gouvernement finirait par contrôler la situation. Un matin, tandis qu’elle écoutait un disque sur son petit électrophone portatif, Sherine a esquissé quelques pas de danse, et elle a commencé à dire des choses comme « cela va durer très, très longtemps ».

J’ai voulu l’interrompre, mais mon mari m’a retenue par le bras – j’ai vu qu’il prêtait attention aux propos de la petite et les prenait au sérieux. Je n’ai jamais compris pourquoi, et aujourd’hui encore, nous n’abordons jamais le sujet ; il est tabou entre nous.

Le lendemain, il a commencé à prendre des dispositions inattendues ; deux semaines après, nous embarquions pour Londres. Nous le saurions plus tard, bien qu’il n’y eût pas de statistiques concrètes, ces deux ans de guerre civile ont fait environ quarante-quatre mille morts, cent quatre-vingt mille blessés, des milliers de sans-abri. Les combats ont continué pour d’autres raisons, le pays a été occupé par des forces étrangères, et l’enfer continue aujourd’hui encore.

« Cela va durer très longtemps », disait Sherine. Mon Dieu, malheureusement, elle avait raison.

Le prochain chapitre sera en ligne le 02.04.2007

9 Responses to “Quatrième Chapitre”


  1. 1 Michel HUBERT Mar 26th, 2007 at 5:45 pm

    Paulo,

    J’ai hâte d’avoir le livre entre mes mains et de pouvoir le dévorer.
    J’ai auss i hâte de te revoir.

    Amitiés
    Michel HUBERT

  2. 2 victoria Mar 28th, 2007 at 7:12 am

    Ne sommes-nous pas tous des Athéna ?
    ou Athéna n’est-elle pas un peu de nous tous ?

    Nous avançons sur nos propres croyances, sans vraiment regarder les autres, pourtant nous affirmons que nous regardons les autres, et finalement que cherche chaque personne si ne n’est qu’elle même ?
    Nous voulons imposer notre façon de voire, car nous pensons que nous sommes sur la bonne route, tout en sachant et en cherchant le chemin, mais quel chemin ?
    Celui de la vérité ? mais quelle vérité ?
    Nous sommes tous à la recherche de l’amour, nous voulons tous être aimé et ce que chacun de nous cherche n’est-ce pas tous simplement la reconnaissance de soi ?
    l’un veut l’obtenir par la force, l’autorité, l’autre par le charme, la séduction, certain par le don de soi, la charité et d’autres par tous ses moyens cités…etc…
    Chacun se cherche à travers le regard des autres…

    c’est alors que je me pose cette question, je me cherche ? oui !
    mais par quel moyen ou quels moyens ?
    Le charme, le don de soi, la sérénité… mais ou cela me mènera-t-il?
    et finalement à quoi cela sert-il ?

    M. coelho, j’ai hate de lire ce livre…

    Cordialement

  3. 3 Stéphy Mar 29th, 2007 at 8:36 am

    Bonjour,

    Un petit mot pour Victoria….

    Tu as écris:
    c’est alors que je me pose cette question, je me cherche ? oui !
    mais par quel moyen ou quels moyens ?
    Le charme, le don de soi, la sérénité… mais ou cela me mènera-t-il?
    et finalement à quoi cela sert-il ?

    Je répond “ça sert à ce vivre soit!”
    En ce monde nous revêtons un petit vêtement de matière qui nous permet de vivre les sensations de qui nous sommes….:-) et nous nous aidons les uns les autres en nous refletant les uns les autres!
    Pour que nous comprenions ce qu’est la vie, il nous faut la vivre, l’exprimer et l’expérimenter dans toutes ses expressions possibles…:-) alors dansons la vie les uns avec les autres….!
    Plein de soleil pour toi!

    En ce qui concerne le livre, j’adore et j’ai hâte de lire la suite…:-) J’aime votre manière d’exprimer la vie. Dans vos livres je retrouve son eternel mouvement. Je suis bercé par vos mots comme je le suis lorsque j’écoute la nature. Vous parlez comme elle.

    Que le soleil toujours vous sourit!

    Stéphy

  4. 4 Mimi Mar 29th, 2007 at 12:46 pm

    Cher Paulo Coelho,

    Je viens de lire votre dernière newsletter sur la paresse qui m’a beaucoup touchée et émue aux larmes, Ce qui m’amène à vous dire cela aujourd’hui.
    Il y a une chose que je souhaite vous dire à propos de votre dernier roman. Depuis que j’ai commencé à lire la Sorcière de Portobello j’ai eu plusieurs nuits environ marquées par des rêves très forts. Je ne me rappelle pas précisement de leur contenu, je vois et sens votre présence comme une empreinte très forte, tout passe par des sensations et non des visions. (c’est pour cela que je suis tellement émue de vous lire aujourd’hui). L’ambiance de ces rêves étaient étranges,(pas terrifiant ou effrayant non) et l’unique personne dont je me rappelle est vous.
    Je sais que la pleine lune approche, que les sensations sont amplifiées et ma sensibilité est exarcerbée. C’est vrai aussi que vos recherches et votre travail sont passionnants et que tout cela m’a très certainement influencée.
    Mes nuits ne sont pas complètement redevenues calmes et profondes comme auparavant, et j’attends la fin de la pleine lune pour que tout à nouveau s’apaise.

    A bientôt de vous lire,
    Mucho carino.

  5. 5 Samira Mar 29th, 2007 at 1:04 pm

    Cher Paulho,
    En lisant ce chapitre de votre livre , j’ai eu l’impression qu’il parlait de moi , uniquement de moi.Je crois que chacun de vos lecteurs a ressenti la même sensation , il leur a semblé que l’on racontait une partie de leur histoire : Ces moments où leurs énergies explosent , en se donnant à fond pour les autres, où on les remarque beaucoup , et on sollicite un peu de leur énergie, où ils s’épuisent et qu’on commence à oublier, ils s’isolent après
    dans cet univers musical ou de lectures pour se regénérer et mieux envouter leur monde .
    Sorcière, et non magicienne , prétresse et non voyante , vous dites !Pourquoi? : Peut-être par rapport au pouvoir que posséde Athéna à influencer et à entrainer son monde .
    Il a fallu qu’elle soit orpheline, à l’origine ignorée pour qu’elle puisse réinventer son monde , délivrée , sans aucune étiquette sociale pouvant la repérer ou l’entrainer dans un sillage social parental ambulant et dominant,.Elle n’est reliée à eux :les tziganes , que par les gènes.En somme , elle a gardé la meilleure partie de ses ancètres :
    le souvenir de leur pouvoir, et non la réalité de leur déchéance.Elle annonce les propheties de leur monde : un monde invisible, qu’elle est seule à percevoir .
    Je crois , que si l’on est un peu plus attentifs, il y en a beaucoup de ces sorcières qui nous entourent, elles ne sont pas sytématiquement des femmes , elles peuvent être des hommes , Elles ne savent pas tenir ni leur langue , ni leur main d’ailleurs, elles parlent et travaillent plus que ne le commande le bon sens.Elles ne veulent suivre aucun sens,
    elles imposent leur sens et leurs intuitions.
    Elles sont émotionnelles pour mieux capter les messages alentours, elles peuvent devenir intolérante face à un trop bon sens des hommes qui les rend incencés envers les autres existences.
    Je vous remércie beaucoup Paulho pour ces pages revigorantes qui permettent d’affiner au mieux le spectacle de danse auquelle se livre mon âme , à chaque fois qu’elle vous lit : elle comprend qu’il faut admettre que l’on est quelqu’un uniquement en servant les autres , et non en possédant une voiture à la mode , en ayant une maison , ou en procréant, ou en occupant des postes importants comme ces politicards qui nous gouverne.On ne pourra réaliser cette révolution humaine , pas dans les grands et les longs discours mais dans les gestes de tous les jours, en tendant nos mains aux autres.
    Il faut que la popularité et la gloire de chacun de nous marque le coeur des hommes et non leur esprit sinon leurs guerres et leur méchanceté vont”durer très longtemps ” comme dit la prétresse Athéna …..

  6. 6 prisca Mar 29th, 2007 at 3:26 pm

    Bonjour,

    je pense que vous touchez le coeur des gens et que tout le monde a les memes problèmes à dose différentes.

    Toutefois, il ne faut pas s’égarer et se conforter dans des questions existencielles.

    A savoir vers quoi courons nous? Nous avons tous une mission à accomplir sur terre et Dieu guide chaque etre, il suffit d’etre suffisement préparé à suivre les signes.

    Vous savez l’ecclésiaste dans la bible a résumé la vie: TOUT EST VANITE.Les seuls plaisirs qu’il y’a dans la vie sont : MANGER ET BOIRE et le reste est VANITE.

    Vous réveillez mon sens critique et vous developpez mon envie à m’élever spirituellement.
    Je crois que c’est le plus beau cadeau que vous pouvez m’offrir car COMME DIT L’AUTRE TOUT PART DE L’ESPRIT .

    Merci

  7. 7 Mohamed El jerroudi Mar 29th, 2007 at 10:44 pm

    La bléssure du nom propre dira un autre.
    Pour être plus claire, ce texte nous pousse à nous in terroger sur nous-même.
    Qui n’a jamais douté de la légimité de ses parents , ne serait ce qu’une fois dans sa vie?
    Un texte chargé de paradoxes que nous trainons en nous .

    J’ attends la suite avec impatience…!

    Mohamed El jerroudi

  8. 8 Gwen Apr 1st, 2007 at 1:13 am

    Pauvre Athéna,

    ou devrais-je dire courageuse Athéna?

    Elle a choisi, dès sa naissance, le chemin de la solitude…

    Dès le début on ne s’est jamais soucié qui elle était, mais ce qu’elle pourrait devenir pour satisfaire les aspirations d’autrui…

    Etre différent des autres, dès son plus jeune âge, au point d’intriguer une mère qui avait posé ses attentes dans la modélation d’une fille à son image, mais se voit confrontée à un don qui lui fait peur…

    Je ne pense pas qu’elle ait été entourée de gens qui la comprenaient dans son être le plus profond, mais qui attendaient surtout d’elle d’être à leur service pour réaliser les rêves à eux…

    Personne à qui parler ce qui se passait vraiment dans sa tête, personne avec qui partager de ses expériences exceptionnelles dont on ne parle ni à l’école, encore moins aux cours de religion… savoir, voir, comprendre, et finalement s’y perdre…

    Pas pour rien qu’elle ait choisi le chemin de la séduction, s’entourant de nombreux admirateurs (je parie que derrière leur dos, elle rigolait bien d’eux, ou encore désesperait dans les moments de solitude…)

    Je vous avoue que je n’ai pas vraiment envie de lire ce livre jusqu’à la fin, car le plus intéressant sera impossible à raconter: la version d’Athéna, sa version où elle était toute seule face à elle-même, sans témoin aucun… après les fêtes, après les séductions, une fois que les rideaux étaient tombés…
    Elle, dans son propre calme, dans ses propres combats dont elle n’a certainement jamais pu parler à qui que ce soit…

    J’ai l’impression que même après sa vie, on met encore des attentes en elle, ou disons en la partie visible de son histoire, on essaye d’y trouver des repères pour sa propre vie, on s’accroche à l’exceptionnel d’autrui comme à une bouée de souvetage… alors que l’exceptionnel est en chacun, sans aucune exception…

    non, finalement pas de pauvre Athéna, mais plutôt très courageuse Athéna, car si elle a pu réveiller l’exceptionnel en ne fusse qu’une seule autre personne, qui continuera ensuite sans s’accrocher à elle, et bien, elle aura peut-être réussi bien plus qu’elle n’attendait au début…

    A la prochaine,

    Gwen

  9. 9 ISMAEL Apr 1st, 2007 at 11:25 am

    Je suis plus qu’enthousiaste de pouvoir tenir dans un futur proche le dernier livre de Paulo. Merci Paulo et gros coucou à tous les lecteurs.
    “QUE LES BENEDICTIONS SOIENT”

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