Vingt ans après: Entre Novossibirsk et Irkoutsk

Il m’est toujours impossible d’écrire dans le train à cause du mouvement. Je rencontre des lecteurs dans les gares (voyez les photos dans la galerie), je parle avec eux, j’apprends beaucoup de leur regard et des quelques paroles que nous pouvons échanger. Certains me racontent des histoires, d’autres me parlent de leurs villes et de leurs régions.

L’un d’eux me dit : « Savez-vous exactement où vous vous trouvez en ce moment ? Vous êtes dans une gare, avec beaucoup de monde, et en ce moment il y a une grande chance pour que plusieurs personnes abritent en leurs cœurs les mêmes espoirs et désespoirs que vous abritez dans le vôtre.

« Suivons ce raisonnement : vous êtes un point microscopique sur la superficie de cette boule. Cette boule qui tourne autour d’une autre, qui elle est située dans un petit coin d’une galaxie, avec des millions de boules similaires.

« Cette galaxie fait partie de quelque chose qu’on nomme l’Univers, rempli de gigantesques conglomérats stellaires. Personne ne sait exactement où commence et où finit ce qu’on nomme l’Univers.

« Tout de même, ne vous laissez pas vaincre par la fatigue de ce voyage : vous luttez, vous vous efforcez, vous essayez de vous améliorer, vous rêvez, vous vous réjouissez et vous vous attristez à cause de l’Amour. Si vous n’étiez pas vivant quelque chose manquerait. »

Je ne sais pas d’où ce lecteur a trouvé ces mots (il les lisait) mais j’avais besoin de les entendre à ce moment précis.

*****

Deux arrêts plus loin, une lectrice me raconte l’histoire d’un charpentier et ses apprentis qui voyageaient à travers la province de Qi (nous sommes en ce moment très près de la Chine) en quête de matériaux de construction. Ils virent un arbre gigantesque ; cinq hommes main dans la main ne réussissaient pas à l’embrasser, et sa cime était si haute qu’elle touchait quasiment les nuages.

- Ne perdons pas notre temps avec cet arbre – dit le maître charpentier. – Si on la coupe, cela nous prendra trop de temps. Si on décide de faire un bateau, celui-ci coulera car son tronc est trop lourd. Si on décide de l’utiliser pour faire la charpente d’un toit, les murs devront être exagérément résistants.

Le groupe continua son chemin. Un des apprentis commenta :

- Cet arbre est si grand qu’il ne sert à rien !

- Vous vous trompez – dit le maître charpentier. – Il a suivi son destin à sa manière. S’il était comme les autres, nous l’aurions déjà coupé. Mais parce qu’il a eu le courage d’être différent, il restera vivant et fort encore très longtemps.

*****

Les taoïstes racontent qu’au début des temps l’Esprit et la Matière ont guerroyé entre eux dans un combat mortel. Finalement ce fut l’Esprit qui triompha – la Matière étant condamnée à vivre pour toujours à l’intérieur de la Terre.

Pourtant, avant que cela se produise, sa tête se heurta au firmament et réduisit le ciel étoilé en miettes.

La déesse Niuka sortit des mers, resplendissante dans son armure de feu. En faisant bouillir les couleurs de l’arc-en-ciel dans un chaudron, elle fut capable de remettre les étoiles à leur place, mais elle ne parvint pas à retrouver deux petit morceaux et ainsi le firmament resta-t-il incomplet.

Ceci est l’origine de l’amour : deux âmes parcourant toujours la Terre, à la quête de l’Autre Moitié. Quand elles se rencontrent, elles réussissent à remettre les deux morceaux qui manquaient au ciel, et l’Univers entier commence à faire sens pour le couple.

Tandis que le train Transsibérien traverse la longue steppe, je pense constamment à cela.

*****

Même si cela paraît incroyable, beaucoup de gens ont peur du bonheur. Pour ces gens-là, être en accord avec la vie signifie changer une série d’habitudes – et perdre leur propre identité. Plusieurs fois nous nous jugeons indignes des bonnes choses qui nous arrivent. Nous n’acceptons pas les miracles – parce que les accepter nous donne la sensation que nous devons quelque chose à Dieu. De même, nous avons peur de nous « habituer » à notre bonheur.

Nous pensons : « il vaut mieux ne pas goûter la coupe de la joie, parce qu’une fois que celle-ci nous manquera, nous allons beaucoup souffrir ».

Par peur de diminuer, nous cessons de grandir. Par peur de pleurer, nous cessons de rire.

*****

Dans le train, je rencontre quelqu’un qui vient d’arriver du Maroc et me raconte une histoire curieuse à propos de la façon comme certaines tribus du désert voient le péché originel.

Ève se promenait dans le Jardin d’Eden, quand le serpent se rapprocha d’elle.

« Mange cette pomme » dit le serpent.

Ève, très bien instruite par Dieu, refusa.

« Mange cette pomme », insista le serpent, « parce que vous avez besoin d’être plus belle pour votre homme ».

« Je n’en ai pas besoin » répondit Ève. « Parce qu’il n’a pas d’autre femme que moi ».

Le serpent rit : « Bien sûr qu’il en a ».

Et comme Eve ne le croyait toujours pas, il l’emmena jusqu’en haut d’une colline, où il existait un puits.

« Elle est à l’intérieur de cette caverne, Adam l’a cachée ici ».

Ève se pencha et vit, réfléchie dans l’eau du puits, une très belle femme. Sur le champ elle goûta la pomme que le serpent lui offrait.

Suivant cette même tribu du Maroc, retourne au Paradis celui qui se reconnait dans le reflet du puits et n’a pas peur de soi.

Le prochain texte sera mis en ligne le 4 Juin 2006

P.S: Cher lecteur,

Pendant ce cheminement, qui remplit mon âme d’expériences très intéressantes, un des moments les plus magiques c’est lorsque, le soir venu, je lis les commentaires sur le blog. Même si je ne peux pas vous répondre à tous, je veux que vous sachiez qu’il est très important pour moi de savoir que je ne suis pas seul sur ce chemin. Merci beaucoup de votre soutien et pour les mots et les idées qui maintenant sont inscrites dans mon coeur.

Paulo Coelho

21 Responses to “Vingt ans après: Entre Novossibirsk et Irkoutsk”


  • cher paulo
    je reviens vers vous mettant absenté quelque temps et vous retrouvant avec cette meme fougue et passion de vouloir nous apprendre a nous decouvrir et a s aimer tel qu on est. je vous en remercie encore.
    j ai relus depuis les deux sages les ecrits et les commentaires des lectrices et lecteurs jusqu a ce texte qui me ramene a mes années d adolescence ou sur une chanson de mon pietre repertoire un
    couplet disait:”ce qu il faut de bonheur pour pouvoir parler d’amour
    c est le prix du malheur qui doit venir faire un sejour”.
    comment aujourd hui cela peut il etre vrai.le bonheur a t il un prix?est ce celui du malheur?avoir peur de faire du mal meme pour pour son propre bonheur est ce mal? est que nos propres doutes ne sont ils pas porteur de souffrances et en meme temps d’esperance?

  • Flap … l’oiseau se pose et question se pose …

    Cher Paulo … l’amorce a prise … votre blog qui n’était au début qu’à sens unique commence petit à petit à devenir réactif … estce un bien …estce un mal … je ne puis le dire mais le net est ainsi … il permet le contact entre les individus … alors ma question … à quand aura-t-on droit à une réaction de votre part à certains commentaires ?

    busardement

  • BERNARD Patricia

    Moi aussi Marie-laure, j’ai souvent contre moi-même des grands coups de gueule pensant que je n’en fais pas assez, que j’aurai pu faire mieux, doutant de moi, me trouvant lâche. Alors je fais mes bagages et je demande à la lumière qui m’habite de m’abandonner parce que je ne suis pas digne d’elle et parfois je la provoque pour la convaincre mais patiemment cette lumière attend et quand je retrouve mon calme, elle n’a pas bougé, elle est toujours là parce qu’elle sait que dans nos coups de gueule nous lui disons quelque chose d’essentiel qui nous permet d’avancer et que la colère révèle ce qui est aimé. Ma réaction t’a aidé, la tienne aussi car en te répondant c’est aussi à moi que je réponds et en cela nous pouvons être heureux car notre coeur à tous accepte ce qui est le plus difficile à faire parfois avec les autres l’échange de nos émotions.
    Je te livre cette petite phrase en dernier lieu qui m’a aidé à comprendre que même si ce que je fais me parait parfois dérisoire ou inutile, l’important c’est d’agir sans penser à l’aboutissement, la voici pour vous tous :
    “Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais mais aux graines que tu sèmes”.
    En pensant à cette phrase, je me suis souvenue d’une institutrice qui par sa tendresse et son attention, dont j’avais énormément besoin à l’époque avait réussi à me faire avancer et dont je me souviens toujours avec beaucoup de gratitude. Aujourd’hui, elle ne sait certainement pas ce qu’elle a semé dans mon coeur par son action auprès de moi et pourtant par son simple geste, la récolte de son sourire dans mon coeur est merveilleuse et je me dis que si j’arrive à mettre un seul sourire dans un coeur d’enfant comme elle l’a fait, cela vaut le coup de faire tant d’efforts.

    Je vous embrasse tous et vous envoie toutes mes amitiés. Vous aussi, vous mettez un sourire dans mon coeur.

    Patricia

  • Je découvre aujourd’hui les trésors de ce blog

  • Pour Patricia,

    Moi aussi, tout m’a énormément touchée de cette page-ci, au point de ne pas savoir à quoi répondre en premier… me connaissant, j’aurai eue tendance à répondre à tout à la fois, et ce serait devenu une belle soupe aux légumes….

    J’ai bien fait d’attendre un peu, car tu as si bien exprimé quelques unes de mes propres pensées que je n’ai qu’à rajouter un grand merci à toi :-)

    Une douce pensée pour chacun d’entre vous et à bientôt

    Gwen

  • Lartigue Céline

    Pour Patricia
    je me permets également d’intervenir pour vous dire que je suis d’accord avec vous. Je pense également que Paulo nous a invité et à créer ce blog pour que nous puissons intervenir et réfléchir. Cela me paraît très important de réfléchir dans une société où notre pensée est formatée. Je pense que nous lui donnons du courage comme il nous en donne dans ces livres, de la force. Il nous permets de nous interroger sur notre vie, sur nous-même. J’espère moi aussi ne pas interpréter mal la pensée de notre cher Paulo, car je pense que si nous sommes tous là, c’est que nous aimons ses récits, mais il est vrai qu’il nous sert de béquille mais qu’il remplace pas nos jambes.
    Toute mon affection et mon amitié à tous les lecteurs.
    A très vite
    Céline

  • Message à Patricia
    Chère Patricia,
    Je tiens à dire que ce que j’ai écrit, je l’ai écrit pour mon compte propre, comme un coup de gueule contre moi-même. J’aime ce qu’écrit Paulo Coelho et cela trouve chaque fois une grande résonance chez moi. Et je respecte ceux qui comme moi y trouve ce qu’ils y cherchent.
    Mais je suis contente que vous m’ayez adressé cette critique, cela m’aura permis de préciser quelque chose d’essentiel. Et d’échanger avec quelqu’un qui est habité du même esprit.
    Bone journée à tous.

  • je te souhaite un bon voyage… et qu’il soit aussi un peu le mien au travers tes rencontres et tes écrits. Merci.

  • BERNARD Patricia

    Pour Marie-Laure

    Une fois n’est pas coutume je me permets de répondre à l’intervention précédente. Moi non plus je n’ai pas compris pourquoi 20 ans après Paulo chemine, peu être parce tout simplement il en éprouve le besoin pour des raisons qui effectivement lui appartiennent. Par contre, je ne suis pas du tout d’accord avec la suite de votre discours, nous ne nous sommes pas imposés dans son voyage, nous sommes venus à sa demande car c’est lui qui nous a invité à partager son anniversaire parce que si j’ai bien compris il voulait venir à la rencontre de ses lecteurs et partager son voyage et comme il le dit dans son PS quotidien, cela l’aide et l’encourage et nous répondons présents non pas pour vivre ce voyage par procuration et devenir Paulo Coelho mais pour le soutenir et l’encourager comme on le ferait pour un ami.

    On ne s’imagine pas capter sa sagesse, on la capte tout simplement et on n’attends pas que tout nous tombe du ciel, ce serait ne pas avoir du tout compris ce qu’il écrit. Au contraire on comprend qu’il agit pour nous comme un signe de l’univers mais j’ai compris ces signes non seulement dans les livres de Paulo mais dans bien d’autres et ces signes ne nous donnent aucune recette infaillible et aucune facilité bien heureusement, ils nous éclairent pour nous amener à la moitié du chemin mais le reste dépend de nos choix et c’est là et seulement là qu’avec notre âme esseulée nous pouvons devenir un guerrier de la lumière en osant le pas qui mène à la suite de ce chemin.

    Nous ne laissons pas Paulo penser et agir à notre place, ce ne serait pas lui rendre justice. Son cheminement nous aide à regarder nos doutes avec franchise et sincérité et d’oser aller plus loin en n’ayant pas peur de se tromper. Ce qui m’a dérangeait dans votre texte, c’est l’impression de réduire cet homme en un simple gourou et nous en des disciples abrutis. Nous n’attendons pas de lui qu’il soit l’incarnation du Christ qui vient nous sauver en portant tous nos combats parce que nous sommes trop lâches pour y aller nous-mêmes. Nous ne le confondons pas, nous savons qu’il est un homme et simplement un homme qui nous livre son expérience par son don d’écriture et il nous appartient à nous et pas à lui d’en tirer nos propres conclusions.

    Et si on a l’impression de le connaître c’est parce que quand vous lisez un livre de paulo ou d’un autre vous êtes en tête à tête avec l’auteur et il arrive parfois ce merveilleux miracle qui fait qu’une âme en rencontre une autre et même s’il est prétentieux de le sentir comme un ami, c’est comme cela qu’agissent ses livres en tout cas pour moi, car comme un véritable ami, il ne me dit pas ce que j’ai envi d’entendre bien au contraire cela m’aurait arranger de ne pas lire certaines de ses phrases mais un véritable ami agit toujours pour que tu avances même s’il doit se montrer dur et l’ami que nous sommes le reçoit ainsi parce qu’il sait que d’aller contre un ami c’est le plus dur à faire.

    Nous n’imaginons pas que nous sommes sur son chemin mais avec ses livres il est sur le notre comme un éclaireur parce que contrairement à ce que vous dites nous allons dans la même direction que lui à la rencontre de l’amour inlassablement et qu’à aucun moment nous nous contentons d’attendre sur la route, nous marchons peu être moins vite mais ce n’est pas une question de force, chacun va a son rythme avec ses propres moyens, ce n’est pas une course de fond, l’important est de participer et de faire tous les pas que la route met devant nous et ces pas nous avons bien compris qu’ils sont nos choix et pas ceux de Paulo.

    Tout ceci n’est que mon impression par rapport à votre texte et si j’ai réagi c’est parce que vous émettez non pas une idée mais un jugement arbitraire en pensant à notre place et en prétendant savoir ce que nous sommes et ce que nous attendons de paulo et si je résume Paulo n’est pour nous qu’un faire valoir que nous nous contentons d’encenser comme un Dieu en attendant que nous tombe du ciel le courage d’avancer. J’ai peu être mal interprété votre pensée et je m’en excuse d’avance car je n’ai pas la prétention de savoir tout ce qui est dans votre âme ou dans une autre mais je ne permets à personne et Paulo y compris de penser à ma place et de me mettre dans une généralité aussi arbitraire.

    Ceci étant dit en toute cordialité.

    Patricia

  • Lartigue Céline

    Cher Paulo et chers vous tous lecteurs,
    j’avais tout d’abord une question aux lecteurs : vous avez parlé d’un nouveau livre de Paulo qui sort le 1er juin en France, est-ce “comme le fleuve qui coule ” ?
    Pour en revenir à Adam et Eve, je pense qu’Eve avait peur que son bonheur soit éternel et que par lassitude, elle s’ennuie. Elle a pris le risque en reniant Dieu et cela lui a desservi. Je pense quand-même qu’il faut savoir prendre des risques mesurés et que le bonheur ne tombe pas du ciel mais qu’il faut se le chercher. Le bonheur, ce n’est pas ce que l’on imagine, je pense que le bonheur c’est d’avoir eu la vie comme cadeau. Alors essayons de nous en rappeller dans nos moments de doutes ou dans nos moments de mélancolie.
    Merci à tous les lecteurs et à ceux qui participent à ce blog : je vous aime.
    Merci M. le sage pour la 17ième fois pour me donner du courage dans mes jours de lâcheté.
    Avec toute mon affection et mon amitié.
    Céline

  • Cher Paulo
    20 ans après, vous cheminez, pourquoi ? Nous l’ignorons. Et pourtant nous prétendons savoir ou au moins nous nous permettons d’imaginer. Après tout, que’est-ce que ça peut nous faire ! Pourquoi nous imaginons nous sur votre chemin ? Parce que peut-être c’est plus facile que de tracer le nôtre ? Parce qu’on imagine pouvoir capter un peu de votre sagesse, de votre recette ; comme ces animaux qui vivent dans le sillon d’un animal tellement plus fort qu’il pourrait les croquer ou les écraser avant que leur petit coeur n’ait le temps de battre à nouveau et sans même qu’un instant les autres animaux ne s’aperçoivent qu’il en manque un. Et pourtant nous restons là, espérant nourrir notre vie des traces que vous laissez sur le papier.
    Qu’adviendrait-il s’il on se retrouvait ensemble sans vous, mais avec votre “esprit”, parce que c’est ce qui nous aurait réuni ? Peut-être en effet que nous avons quelque chose à dépasser là pour être de bons guerriers de la lumière ? Peut-être, ensemble, on pourrait nourrir notre esprit guerrier et luuter contre nos habitudes confortables certes, mais qui ne nous enrichissent pas. Regardez et écoutez, on entend que des âmes esseulées, alors que vous, vous allez à la rencontre de l’amour, nous, nous préférons attendre et récupérer ce que vous voudrez bien nous restituer. Mon Dieu ! Heureusement que vous écrivez, cher Paulo, avec quoi nourririons nous nos âmes.
    MERCI

  • Bonjour Paulo et bonjour à toutes les belles âmes de ce Blog

    Tout m’a touché dans votre texte d’aujourd’hui et particulièrment l’interprétation par les tribus du désert du péché originel. Il me semble que j’avais déjà lu cette histoire dans « Maktub » et bien qu’elle m’ait interpellé, aujourd’hui je comprends mieux pourquoi et j’adhère complétement à cette interprétation magnifique. Quand j’ai eu la révélation du chemin, c’est un miroir qu’on m’a proposé et j’ai longtemps résisté à m’y voir tant je pensais que moi on ne pouvait pas m’aimer pour ce que je suis et au fur et à mesure j’ai franchi ce pas et j’ai compris qu’on ne pouvait pas avancer si notre reflet nous faisait peur et qu’il n’y avait aucun jugement dans cette vérité bien au contraire ce miroir me disait « Te voilà, lâche et courageuse, fidèle et infidèle, menteuse et sincère, juste et injuste…mais je t’aime comme tu es et tu vaux plus que tu ne le crois et tes erreurs comme tes réussites t’ont aidé à être ce que tu es ».

    Eve au lieu de regarder dans le reflet du puits aurait du regarder son reflet dans les yeux d’Adam. Moi comme toutes les filles d’Eve faisons la même erreur, nous espérons voir dans notre miroir le reflet de la princesse charmante alors que ce reflet n’est nulle part ailleurs que dans le regard de nos amoureux. Alors nous préférons croire que ce reflet existe dans d’autres yeux et nous nous modelons au gré de ces yeux pour pouvoir vivre le conte de fées. Mais le conte de fées n’a pas d’histoire car leurs protagonistes sont trop parfaits et ont déjà tout et l’on croit que cela ressemble au bonheur alors que c’est déjà la fin puisque plus rien ne peut arriver et que le bonheur n’est fait que de moments sans cesse renouvelés pour lequel on voyage inlassablement espérant à chaque fois qu’on a su l’attraper qu’il nous échappe pour qu’encore et encore nous puissions décider de repartir sans cesse à sa conquête pour un instant seulement mais un instant c’est aussi l’éternité mais une éternité qui se renouvelle et qui ne connaît aucun ennui.

    Puisque « Busard » dédie un poème aux Eve que nous sommes, je tiens à remercier tous les Adam de l’univers de n’être pas le prince charmant que nous promet les contes de fées et de nous permettre de nous voir nous et seulement nous dans leurs yeux remplis d’amour et qu’à leur tour ils trouvent dans nos yeux ce reflet qui leur disent « C’est comme cela que tu es imparfait et plein de contradictions et c’est tout cela qui fait que je t’aime toi et pas un autre »

    Remercions Adam et Eve de leurs erreurs car s’ils s’étaient contentés de rester contemplatifs devant ce Dieu qui les instruisait, il n’y aurait aucun sens à notre vie car nous serions dans une éternité de bonheur ou l’on ne serait en fin de compte pas des hommes à l’image de Dieu mais seulement sa pâle photocopie qui se contente de retranscrire ce qui est déjà écrit sans jamais risquer ce magnifique pas vers le danger qu’est la vie. Remercions Dieu d’avoir pousser à ce crime Adam et Eve pour qu’ils comprennent que s’il les avait instruit, ce n’était pas pour qu’ils restent indéfiniment à le contempler mais pour qu’ils deviennent ses aides pour rêver leurs propres paradis dans le sien en faisant le choix qui fait vivre et que nous puissions toujours à l’image de notre père nous conduire ainsi avec nos enfants en les encourageant à nous quitter pour aller vers leurs propres rêves et que notre amour nous empêche de vouloir les formater pour un monde uniforme ou tous les arbres se ressembleraient pour rassurer notre inquiétude de les voir être considérés comme différents ou fous et rassurer ces vrais fous qui s’ignorent et qui ont enfermé leurs cœurs dans une camisole pour ne pas à avoir à risquer leurs pas pour vivre leurs rêves.

    Ceci n’est que mon interprétation mais plus que cela c’est ce que je ressens profondément et je suis en accord avec moi-même pour y donner ce sens autre que celui qui le ramène au simple pêché de chair nous faisant croire que l’amour est sale. L’amour mène au sexe car nous pouvons nous donner l’un à l’autre et recevoir ce que nous sommes vraiment sans tabous car nous savons qui nous sommes et voulons le donner à l’autre. Adam et Eve n’ont pas eu cette patiente mais cette impatience nous a servi à aller à la recherche continuelle de nous-mêmes et des autres.

    Je vous embrasse

    Patricia

  • les sentiments sont un “fluide” il se transmet et passe de peronnes en personnes et de générations en générations,
    c’est l’héritage de toute notre humanité…
    Merci à vous de nous passer ce fluide d’amour et d’espoir.

  • Bonsoir Monsieur,
    Je ne sais pas si c’est vraiment avoir “peur du bonheur”. Lorsque la vie nous a joué de mauvais tours, il est difficile de lui faire complètement confiance. Même en se mettant entièrement entre les mains de Dieu, en cherchant à vivre le plus possible –ici et maintenant- les vieux doutes ressurgissent parfois.

    “Un guerrier de la lumière note que certains moments se répètent ; il se voit souvent devant les mêmes problèmes, et il affronte des situations qu’il avait déjà affrontées auparavant.
    Alors il est déprimé. Il commence à penser qu’il est incapable de progresser dans la vie, puisque des choses qu’il a vécues autrefois se reproduisent.
    « Je suis déjà passé par là », se plaint-il auprès de son cœur.
    « Effectivement, tu es déjà passé, répond le cœur. Mais tu n’as jamais dépassé. »
    Le guerrier prend alors conscience que la répétition des expériences a une finalité : lui enseigner ce qu’il n’a pas encore appris. Il donne toujours une solution différente à chaque lutte qui se répète, et il ne considère pas ses échecs comme des erreurs, mais comme des pas vers la rencontre avec lui-même.”

    Je crois malgré tout que la souffrance nous aide soit à “grandir” soit à désespérer. Je préfère la première solution.
    Bon Chemin.

  • ” Il me fallait laisser une peau qui me convient parfaitement pour une autre, inconnue et pourtant tant vénérée. Un voyage initiatique en quelque sorte !”

    Désolé pour les fautes !

  • Flap … l’oiseau se pose et puis dépose …

    Il ya quelques jours j’ai réalisé un voyage trés étrange. J’ai voulu relever un défi déposé sur un site de poésies, défi posé en ces temes : “Et vous messieurs si vous étiez une femme ?”.

    J’ai alors laissé, comme à mon habitude, ma plume d’oiseau vagabonder sur le papier. L’exercice n’était pas facile … la transposition à priori évidente, complexe et douloureuse. Il me fallait laissé une peau qui me convient parfaitement pour une autre, inconnue et pourtant tant vénéré. Un voyage initiaque en quelque sorte !

    Voilà ce que cela a donné :

    Si j’étais une femme …

    *

    Délicate et subtile
    De mes mains si agiles
    Je grifferais ta peau

    Douceur de menthe amère
    Je serais passagère
    Et sans te dire un mot

    Je mènerai tes choix
    De toi au fond de moi
    De plaisirs alanguis

    Rougissante et futile
    Aux escarpins habiles
    Dans mes yeux infinis

    Je serais là sans être
    Engagée de peut-être
    De doutes et de maux

    Si j’étais une femme
    Je plongerais mon âme
    A l’essence d’aimer

    Je perdrais mon vulgaire
    Des larmes salutaires
    S’épancheraient en flot

    Et le regard des hommes
    Glisserait sur mes formes
    Papillons aveuglés

    Je jouerais de mes charmes
    Te laissant à tes armes
    Rêveuse et spontanée

    *

    busard

  • Lorraine Larochelle

    Bonjour M. Paulo
    Je suis très heureuse de participer indirectement dans votre cheminement et de celui des autres correspondants (tes). Les textes sont riches en profondeur et réconfortes mon coeur. Il me vient la réflexion suivante: à chaque année, des enseignants apprennent aux enfants que 1+1 = 2. À chaque année, à la venu de nouveaux élèves, les enseignants répètent les mêmes enseignements. Puis un jour les enfants ayant bien appris leur leçon, commencent à se questionner. Pourquoi 1+1=2, à quoi celà sert de savoir ce calcul, d’où vient cette opération etc. Puis, certains d’entre ces élèves viennent un jour à créer de nouvelles règles de calcul. Je fais ce parallèle avec la vie. Le Vie est comme une grande école. Elle nous fait vivre toutes sortes d’épeuve et de joie pour nous enseigner. Elle le fait pour toute les personnes avec une grande patience. Puis, un jour, nous comprenons beaucoup de chose par les expériences de la vie. Et là les questions et les réflexions profondes commencent. C’est le moment où l’on devient autonome et l’on recherche un sens à la Vie par le ressentit. Ce que j’écris ici est simplement une réflexion, un questionnement et nullement une vérité. Mais je crois qu’après cette étape de recherche intérieure et de paix intérieur, on doit en venir à l’illumination. Plus de question, plus de souffrance. Vivre la Vie à chaque instant dans la tumulte des apprentis.
    Bonne journée :-))

  • cher écrivain,
    si tu es quelqu’un que j’aime plus qu’aucun autre ,c ‘est parce que tu es aussi comme cet arbre gigontésque qui s’impose avec sa déffirence et qui accépte les déffies du cièl et de la terre.
    si tu es quelqu’un que je lisais ces livre , c’est parce que tu écris par tes pièds non avec ta main..

    si tu ezs quelqu’un que je connais sans pouvoir te voir un jour, c’est parce que nous cheminons ensembles vers le meme pays sans meme que chaqu’un a deux pas et défirent chemin.
    si tu es quelqu’un que je consédaire comme l’éclaire, car l’éclaire ne nous laise que de sa lumière sur son bref passage et puisque tu ne laisse que de ta lumière comme l’aste , tu mérite vraiment d’etre aimer.
    mérci a toi et toutes et tous mes amies des autres rives.
    je vous aimes.
    mani
    algérie profonde

  • je ne sais pas quoi dire tellement je suis émue par les articles que je viens de lire.
    des faits sont si simples qu’on ne parvient parfois pas, et le plus souvent, à déchiffrer leur vrai sens.
    on est toujours en quête du bonheur, mais dès qu’il se présente, on se sent frustré et craintif. on craint que le destin ne nous demande une contrepartie pour cette partie de loisir qui nous a été offerte. dans ce sens, on est toujours sur nos gardes et on gâche notre plaisir à profiter du moment donné.

  • Merci mon cher Paulo pour vos articles en ce lieu … Une fois de plus en lisant cet article je tombes sur des mots qui répondent à mes questions …
    Je ferme les yeux et j’imagine les paysages et les visages qui vous entoure… merci de nous emmener avec vous sur le chemin … d’éclairer nos âmes de cette douce lumière …
    Que le bonheur innonde votre coeur et vous permette de continuer ce chemin dans la paix …
    je vous embrasse ainsi que tous ceux et celles qui parcoureront cette page…

  • Cher Paulo,
    j’espère que votre voyage se passe toujours bien et que vous trouvez les réponses à vos questions. Je pense que notre vie ressemble beaucoup à votre chemin, nous cherchons nos réponses, nous cherchons le bonheur et nous cherchons à être meilleur. Nous voulons changer mais pas pas à changer nos habitudes. Nous avons très souvent peur et nous pensons que nous avons plus de peine que de joie. Mais je pense que les petits bonheurs nous ne les succulont pas assez, on pense toujours aux mauvaises choses. Essayons de vivre chaque instant comme si c’était le dernier, essayons de regarder les gens qui souffrent et qui restent dignes. En fait, apprenons des autres car nous ne sommes pas les seuls à détenir la Vérité.
    Merci pour la seizième fois pour tous ces bons moments que nous partageons grâce à vous sur ce blog.
    Vous êtes vraiment un maître et un sage qui me permet de réfléchir à ma propre vie, à mon propre moi.
    A très vite.
    Avec toute mon amitié, mon affection et mon respect.
    Céline

Comments are currently closed.